La borie
Le terme « borie », dans la langue touristique relative à la Provence, désigne une cabane en pierre sèche qui servait de grange, d'écurie ou d'habitation saisonnière à un agriculteur du XIXe siècle dans une parcelle foraine (sur une autre commune) ou trop éloignée de sa ferme.
Les deux bories de Ventabren sont les rares bories d'origine, dans les Bouches-du-Rhône, encore intactes et en parfait état de conservation.
Attention, la borie du rond-point RD65/RD10 est un édifice reconstitué et récent.
Situé dans un domaine privé sur les hauteurs de Ventabren, cet édifice est désormais l'un des deux bories encore totalement "intact" sur le territoire de la commune.
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Une cabane de pierre sèche
Le terme « borie », dans le langage touristique provençal, désigne une cabane en pierre sèche qui servait de grange, d'écurie ou d'habitation saisonnière à un agriculteur du XIXe siècle, sur une parcelle éloignée de sa ferme.
Le mot lui-même a une longue histoire : dès 1010, le cartulaire de Saint-Victor évoque ce type de construction sous le nom de « cabanariam », terme qui donnera plus tard « cabanon ». En 1299, l'obituaire de l'église d'Apt les nomme « claparedis ». C'est finalement Frédéric Mistral qui, dans son Trésor du Félibrige, fixera le nom de « borie », du provençal « boria » signifiant étable à bœufs ou abri de métairie.
Deux bories authentiques à Ventabren
Ventabren compte deux bories authentiques — l'une d'elles, celle de la Bourdonnière, particulièrement remarquable. Elles comptent parmi les rares bories d'origine encore intactes et parfaitement conservées dans les Bouches-du-Rhône. (À ne pas confondre avec la borie du rond-point de la RD65/RD10, un édifice reconstitué et récent.)
Construites sur un plateau calcaire, à proximité de nombreux monticules de pierres témoignant du travail d'épierrement mené pour dégager la terre arable et créer des cultures en terrasses (bancaous ou restanques), ces bories sont l'œuvre d'hommes du terroir qui surent tirer parti du matériau disponible sur place, avec une compétence et un savoir-faire qui laissent penser à l'intervention de maçons spécialisés dans la pierre sèche.
Un tour de force de construction
Leur toit en forme de dôme est un tour de force de construction : monté en encorbellement, sans mortier, sans poutre ni charpente, il tient uniquement par la pression de son propre poids — chaque rangée de pierres avançant légèrement sur la précédente, jusqu'à refermer la voûte.
La borie de la Bourdonnière
La borie de la Bourdonnière est monocellulaire, coiffée d'une coupole en forme de dôme. Sa fondation, sur une base circulaire, forme un décrochage extérieur qui devait permettre de déposer les gerbes de céréales moissonnées pour le séchage, et sans doute aux hommes de s'y reposer après le labeur. L'espace intérieur, d'environ 5 m², est éclairé par deux petites niches d'aération — l'une orientée plein nord, l'autre à l'ouest. La porte, soutenue par un linteau de pierre horizontal, s'ouvre au sud, dos au mistral. Au-dessus de l'entrée, on distingue une pièce métallique, dont l'origine et la fonction restent incertaines — elle pourrait témoigner d'une réfection ultérieure de l'édifice, sans qu'aucune preuve formelle ne permette de le confirmer.
Un ensemble pastoral préservé
L'édifice s'inscrit dans un ensemble pastoral enfoui dans la végétation : une draille (chemin de transhumance), un puits, des marches d'accès et un mur d'enclos en pierres sèches dont le sommet est monté en arêtes dites « de poisson ».
Compte tenu de l'espace restreint, ces bories servaient probablement d'abri et de dépôt de matériel pour des paysans et bergers travaillant loin de chez eux. En l'absence de mobilier archéologique retrouvé sur place, leur datation est estimée aux XVIIIe-XIXe siècles.