L’Ermitage Saint-Honorat
L'Ermitage de Roquefavour, l'un des plus beaux sites historiques de la commune de Ventabren.
Attention, cet endroit fait l'objet d'un arrêté municipal interdisant l'accès pour des raisons de sécurité liées à des chutes potentielles et à des risques évidents d'éboulements.
Félix Vérany a consacré un ouvrage traitant notamment de l'ermitage.... À lire pour mieux comprendre.... et en attendant, laissez-vous emporter par ces images…
Cette vidéo n'est en aucun cas une invitation à se rendre sur le site qui est dangereux. Ce document a pour objectif de permettre à tout à chacun de découvrir et de s'approprier par l'image une partie du patrimoine de Ventabren.
Informations sur cette vidéo
Un ermitage niché au pied de l'aqueduc
Niché dans un vallon encaissé au pied de l'aqueduc de Roquefavour, entouré de grands tilleuls et de parois rocheuses formant un amphithéâtre naturel, l'Ermitage Saint-Honorat fut jadis un monastère occupé par les moines de l'ordre de Saint-Benoît, sous le titre de Prieuré Claustral. Ses origines se perdent dans les premiers siècles : une petite cellule monastique, la « cella Rocca frondosa », aurait précédé le prieuré bénédictin — des fouilles y ont d'ailleurs révélé des monnaies datant du Xe siècle. Selon certaines sources, le site aurait été donné à l'abbaye de Lérins dès 878, avant d'être remis vers 965-966 à l'abbaye de Montmajour, chargée d'y rétablir la discipline monastique.
Chapelle troglodyte et ermitage rupestre
L'ensemble comprenait une chapelle voûtée troglodyte, dont les premières assises remontent au Moyen Âge, ainsi qu'un ermitage rupestre distinct, adossé à la falaise à une vingtaine de mètres de la chapelle. On y trouvait aussi des dépendances, des jardins, une source et de vastes bassins.
Des occupants successifs au XIXe siècle
Saisi comme bien national en 1791, le domaine change plusieurs fois de mains au fil du XIXe siècle. Les ermites Prosper et Esprit y officient d'abord, puis Jean-Joseph Porre, ancien négociant aixois, restaure les lieux à partir de 1819 et y vit six années, jusqu'à sa mort en 1825 — on le retrouva agenouillé devant l'autel, mort en priant, et son épitaphe se lit encore dans la chapelle. Le domaine passe ensuite à Marc Fraissinet en 1826, propriétaire des 560 hectares de Roquefavour, puis à plusieurs autres familles. En 1880, c'est l'écrivain Félix Vérany qui acquiert le prieuré et la petite maison attenante, où il rédige dès 1881 son ouvrage consacré au site, L'Ermitage de Saint-Honorat, à Roquefavour. Il y note lui-même qu'avant sa publication, seul un manuscrit conservé à la bibliothèque d'Aix évoquait le lieu, la presse s'étant surtout intéressée à l'aqueduc voisin.
L'apogée d'un lieu de pèlerinage
Lieu traditionnel de pèlerinage, l'Ermitage connaît son apogée de fréquentation au XIXe siècle, porté par deux grands chantiers voisins : la construction de l'aqueduc de Roquefavour en 1847, décidée après l'épidémie de choléra de 1834 pour approvisionner Marseille en eau depuis la Durance, et l'arrivée en 1856 de la voie ferrée Rognac–Aix, avec sa gare de Roquefavour. Le site devient si célèbre qu'il attire des visiteurs illustres, parmi lesquels George Sand, Lamartine et Napoléon III, et qu'une buvette est même installée autour de sa source à la fin du siècle.
De l'abandon à la protection
Le culte religieux cesse en 1914, marquant le début d'un long abandon. Inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1990, l'Ermitage est acquis par la commune de Ventabren en 2001, qui en limite l'accès. Aujourd'hui encore, le site reste fragile et son avenir : restauration, entretien, ouverture au public, demeure en question.