La glacière
C'est en 1648 qu'Anne d'Autriche octroya à Madame de Venel, pour service rendu à la couronne, le droit d'extraire la glace naturelle de la Sainte Baume (83) et d'en faire commerce.
Outre ce privilège, la reine offrit les glacières de Provence au rang desquelles figure la glacière de Roquefavour.
Ainsi, nous avons la chance de posséder un vestige de cette époque où il se faisait du négoce de la glace des Alpes…
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Une glacière dès le XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, une glacière se trouvait derrière le four banal de Roquefavour, près de la rivière l'Arc. Elle permettait de conserver la glace naturelle pendant plusieurs mois — un procédé de conservation encore rare à l'époque, apparu en Europe au siècle précédent.
Madame de Venel, fille de Ventabren
Bien que modeste à ses débuts, ce commerce de la glace, promis à quelques bénéfices, attira la convoitise de grands personnages, dont Madame de Venel. Née Magdeleine Gaillard, fille de Pierre Gaillard de Longjumeau, seigneur de Ventabren, elle épousa Gaspard de Venel de Garron, conseiller au Parlement de Provence, qui devint Maître des Requêtes de la Reine et conseiller d'État.
De la cour de Provence à la cour de France
À Paris, Madame de Montmorency, une parente, se prit d'une amitié fondée sur l'estime la plus parfaite pour la jeune Provençale — celle que l'on surnommera plus tard « l'intrigante » Madame de Venel devint gouvernante des nièces de Mazarin, en particulier de Marie Mancini, puis, forte de la faveur durable de Louis XIV, gouvernante des enfants de France.
Sa vie se déroulant l'essentiel du temps à la cour, elle laissa à son mari le soin de gérer depuis Aix le droit de construction des glacières, le ramassage de la glace et sa vente.
Un don royal
Informée des services rendus à la Couronne par la famille Gaillard, la Reine offrit à Madame de Venel les glacières de Provence appartenant au domaine — un don qui lui assurait un revenu annuel de 20 000 livres, soit environ 664 294 euros actuels.