Le four banal
Non loin du moulin de Roquefavour autrement appelé Moulin Martinet, se trouve, sur le flanc de la colline, un four banal. À proximité immédiate de la RD65, cet édifice se localise très facilement.
À l'époque féodale, l'usage des fours, moulins, pressoirs appartenant au seigneur, était obligatoire. Ces banalités étaient un droit seigneurial, l'un des plus lourds et des plus détestés.
Selon les archives, il y aurait plusieurs fours banals dans le village de Ventabren. Nous avons la connaissance formelle de l'existence d'un tel four chez des particuliers (quartier de l'Héritière) dont l'état de conservation est excellent.
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Un four banal près du Moulin de Roquefavour
Non loin du Moulin de Roquefavour, autrefois appelé Moulin Martinet, sur le flanc de la colline et à proximité immédiate de la RD65, se trouve un four banal, aisément repérable depuis la route.
Le droit de banalité, un privilège seigneurial
À l'époque féodale, l'usage des fours, moulins et pressoirs appartenant au seigneur était obligatoire pour l'ensemble des habitants de la seigneurie, moyennant une taxe appelée « le ban ». Ce droit de banalité comptait parmi les plus lourds et les plus détestés des droits seigneuriaux : les habitants n'avaient pas les moyens de construire eux-mêmes un four, un moulin ou un pressoir, ces installations exigeant un savoir-faire technique et une solidité durable, donc des dépenses conséquentes, et n'étaient pas autorisés à en bâtir un autre que celui du seigneur. En contrepartie, ce dernier devait entretenir le four ainsi que le chemin permettant d'y accéder.
Le fournier et l'usage collectif du four
Le four banal était un grand four à bois en briques réfractaires, généralement affermé à un boulanger, autrefois appelé « fournier ». Les habitants s'y relayaient pour faire cuire leur pain, chacun son tour, pour une semaine ou deux.
Durant les périodes de conflit, ces installations essentielles étaient souvent la cible des assaillants ; les réparations, longues ou parfois inachevées, privaient alors la seigneurie de ressources économiques et alimentaires.
De la banalité seigneuriale au four communal
Plus tard, certains bourgeois obtinrent l'autorisation du seigneur de fabriquer leur propre four ; les habitants continuaient de verser une redevance, mais purent accéder plus régulièrement à la cuisson de leur pain.
Les différentes taxes seigneuriales, dont le ban, disparurent progressivement jusqu'à s'éteindre après la Révolution française. Les fours banaux devinrent alors des fours communaux, dont l'usage perdura toutefois plusieurs siècles.
D'autres fours conservés à Ventabren
Selon les archives, plusieurs fours banals existaient autrefois à Ventabren. Outre celui de Roquefavour, un autre four, situé chez des particuliers au quartier de l'Héritière, est parvenu jusqu'à nous dans un excellent état de conservation.
Notons également que certaines demeures actuelles de Ventabren disposent encore de fours très imposants, dont un exemplaire de toute beauté au « Vieux village ».