L’oppidum de Roquefavour
L'oppidum de Roquefavour, parfois appelé localement (à tort) Baou de Mario (en français : Camp Marius), est un site protohistorique celto-ligure. Situé sur un sommet collinaire à 180 m d'altitude, il domine en panorama la vallée de l'Arc et servait, durant la protohistoire et l'Antiquité grecque et romaine, de verrou et de poste de surveillance entre la plaine de l'étang de Berre et l'accès à la capitale provençale : Entremont. Les vestiges jouxtent l'aqueduc qui porte le même nom, Roquefavour.
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Un site perché aux origines celto-ligures
L'Oppidum de Roquefavour, aussi appelé localement Camp des Romains ou Baou de Mario, s'étend sur environ 6 hectares en surplomb de la vallée de l'Arc — l'un des plus vastes de Provence occidentale. Culminant à 181,60 mètres, il occupait une position de verrou stratégique entre la basse vallée de l'Arc et l'étang de Berre. Longtemps désigné comme le camp du général romain Marius, il s'agit en réalité d'un habitat celto-ligure établi dès le IIIe siècle avant notre ère, comme en témoignent les vestiges métalliques et céramiques retrouvés sur place.
Un système défensif remarquable
Le village fortifié est protégé à l'est par des escarpements naturels selon un système d'éperon barré, et au nord par un rempart de belle facture, doublé d'un fossé taillé dans le roc. En amont, des blocs de pierre dressés interdisaient l'accès aux engins lourds, contraints d'emprunter le chemin antique sous la surveillance du rempart.
Dix années de fouilles archéologiques
Entre 1975 et 1985, le Groupe d'Études Archéologiques de Ventabren a mené des fouilles officielles sous autorisation ministérielle, mettant au jour un quartier d'habitations structuré par une rue. Les objets découverts — céramiques et vestiges métalliques — sont aujourd'hui visibles au musée archéologique du village. Les recherches situent la période d'occupation principale entre 70 et 50 avant notre ère, avec un habitat organisé selon un plan d'urbanisme ordonné, abandonné entre 25 et 15 avant J.-C. :
« La zone fouillée par le G.E.A.V. a intéressé un quartier d'habitations et une rue le desservant. Les découvertes effectuées ont pleinement mis en valeur l'ancienneté du site. [...] Le matériel archéologique exhumé, véritable fossile directeur d'une archéologie moderne et comparative, nous permet de proposer scientifiquement que l'oppidum de Roquefavour présente les caractéristiques d'une occupation celto-ligure, au sens large du terme, au faciès particulier des oppida, et en aucun cas pour l'instant d'une présence militaire en provenance de Rome. »
* Texte de Jean-Pierre Musso qui a été chargé de missions archéologiques sur la commune.